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jeudi 6 mars 2008

Le rapport entre les vaches et l’effet de serre…



Et pour commencer, un peu de biologie :-)

Les vaches se nourrissent de cellulose (par exemple tiges d’herbes). C’est totalement indigeste. Elles ont donc une poche spéciale, la panse, qui leur permet de décomposer cette cellulose en éléments assimilables. Elles sont pour cela assistées par des milliards d’organismes microscopiques, qui composent le « rumen » : 10puissance10 bactéries, 10puissance6 protozoaires et 10puissance4 champignons par gramme de contenu digestif, soit une biomasse de 4kg. Cette population microscopique est très étudié par les chercheurs et même protégée. Voir l’article de l’INRA: Une banque européenne de protozoaires du rumen. Au moins, sur le plan de la biodiversité, les protozoaires sont protégé, ouf !

rumen

Entodinium simplex, un protozoaire cilié du rumen, en microscope électronique à balayage.

© INRA / B. Martinie-Gaillard Réf. : PCD 9032-IMG0005.PCD

Malheureusement, dans cette opération dite de rumination, les vaches émettent du méthane, CH4, un gaz très fortement impliqué dans le réchauffement climatique.
methane

Vue 3D du méthane. Source Wikipedia.



Or il y a de plus en plus de vaches sur la planète pour satisfaire les besoins croissants en viande. Par exemple, la consommation moyenne par américain est de 227 grammes de viande par jour et l’on estime que la consommation mondiale va doubler d’ici 2050.


Et l'on retrouve l'effet de serre...


Le méthane est considéré comme le deuxième gaz à effet de serre après le gaz carbonique. Manque de chance, on vient de réévaluer à la hausse l’effet à court terme du méthane. En effet, il se trouve que le méthane exerce ses méfaits principalement dans les premières années de son émission, alors qu’on utilisait jusqu’à présent un pouvoir de réchauffement calculé au bout d’un siècle. Dans ce calcul, une molécule de méthane équivaut à 90 molécules de CO2 dix ans après son émission, à 49 au bout de 40 ans et à 25 dans 100 ans. C’est une étude française qui le démontre, publiée ce mois-ci dans La recherche.

Voilà donc le dernier argument en date pour devenir végétarien, ou presque. Des arguments, il y en a d’autres, on les réserve pour une autre fois, à moins que vous ne les trouviez vous-même.

En attendant, pour découvrir l'univers des "vegans" voici un site dont j'ai bien aimé le titre et la bannière, en plus le lien vous amène direct sur les recettes..

furieusescarottes

mercredi 27 février 2008

Qui se cache derrière Les 2 vaches ?



C’était une publicité dans le journal Libération la semaine dernière - le 18 février.

les2vachesliberation


Elle m'a attiré l'œil et je suis allée voir sur le site.

Qui sont les 2 vaches ? Ce sont - je cite - à la fois de vachement bons produits laitiers biologiques et de joyeuses et sympathiques militantes d’un monde plus bio. Avec leurs produits, leurs actions, et leurs engagements, elles militent pour la santé de la planète et des hommes.

On finit par apprendre qu’elles pointent leur museau au sein du groupe Stonyfield Europe et de Danone.

Stonyfield, c’est un producteur de produits laitiers bio américain, si ça vous amuse vous pouvez aller faire une visite sur le site, le fondateur explique comment faire du profit et sauver le monde, il a même écrit un livre sur le sujet. Il y a aussi un blog associé. On y découvre un sympathique éleveur américain, des photos de vaches, son avis sur les OGM, etc.

Quant à Danone si l’on comprend bien, eh bien cette entreprise milite aujourd’hui pour l’agriculture biologique.

Mais Danone, c’est aussi une entreprise prévoyante. Comme vous le savez, le prix des produits agricoles - dont le lait - augmente fortement ces temps-ci. Donc Danone envisage - c’était dans le Canard enchaîné du 2 janvier 2008 - de construire 5 méga-fermes dans le monde, en Afrique du Sud, Algérie, Moyen-Orient, Inde et Chine, sur un modèle déjà testé en Arabie Saoudite : 32 000 vaches ; 1400 ouvriers ; une étable climatisée (il fait 50° à l’extérieur) ; six salles de traites ; une station de pompage pour l’alimentation en eau et le lait acheminé par oléoduc vers l’usine de yaourts… Des super vaches nourries aux tourteaux de soja et au fourrage produit sur place, et capables de fournir 70 litres de lait par jour (40 chez nous!).

Voilà, c’est tout.