
Greenpeace lance une campagne de pétitions à adresser à Dove - fabriquant de
shampoings - du groupe Unilever. Dove - parmi beaucoup d’autres - utilise en
effet de l’huile de palme comme produit de base pour fabriquer ses shampooings,
et ses principaux fournisseurs sont situés en Indonésie, champion de la
déforestation et de l’émission de CO2.
Le savon est le produit de la réaction d'une solution concentrée de base (hydroxyde de sodium ou de potassium) sur un corps gras. L’huile de palme est largement utilisée depuis le XIXème siècle comme matière première pour fabriquer des savons et bases lavantes liquides, car c’est un produit bon marché. De plus, la vogue des produits détergents et cosmétiques étiquetés « verts » ou encore « bio » ou « naturels » en a accru l’emploi comme ingrédient « écologique ». Il faut savoir que l'huile de palme entre aussi dans la composition de denrées alimentaires industrielles (biscuits, viennoiseries, plats préparés) alors que c’est un produit de première nécessité pour de nombreuses populations dans le monde.
La pétition lancée par Greenpeace s’inscrit dans l’une de ses grandes campagnes mondiales, celle de la sauvegarde des forêts, et notamment des forêts primaires. En Indonésie, la culture de l’huile de palme est responsable d’une déforestation importante, entre autres dans une région qui abrite des orangs-outangs, espèce actuellement très menacée. Outre la perte de biodiversité, la déforestation est impliquée dans le réchauffement climatique.
Que pouvez-vous faire ? D’une part signer la pétition en ligne de Greenpeace, d’autre part consulter attentivement les étiquettes des produits que vous achetez et bannir ceux qui contiennent de l’huile de palme. Suivant les cas, elle apparaitra en français, soit Huile de palme ou Huile de palmiste, en latin Elaeis guineensis ou encore sous le nom de la molécule soit Sodium Palmate ou Sodium Palm Kernelate. Y compris dans les produits « verts » qui sont encore nombreux à en contenir, comme la « base moussante neutre » de Melvita ou le « savon liquide neutre » de Florame, deux marques vendues en magasins bio. Quant aux produits de lavage et d’entretien, le flou reste entier : la marque Monoprix Vert, par exemple, se contente des mentions ingrédients / agents de surface d’origine végétale pour toute info.
Par quoi les remplacer ? Par du savon de Marseille ou du savon noir - vérifier la composition : ils doivent être à base d’huile d’olive et sans additifs - ou du savon d’Alep - à base d’huile d’olive et d’huile de baies de laurier. Des produits que l’on trouve actuellement sous forme solide et liquide.
Pour en savoir plus, on peut consulter :
- le rapport complet de Greenpeace How the palm oil industry is cooking the climate
- son résumé en français
- un article du site d’information Novethic, sur les impacts environnementaux de la consommation d’huile palme
Et sur les détergents « écologiques », la discussion continue dans l’article suivant « Nous avons testé pour vous… les noix de lavage de l’Himalaya ».