On nous incite tous les jours à réduire nos déchets - ou au moins à mieux les trier… A moins consommer d’eau, d’électricité, d’essence, de papier… A moins produire de CO2… A acheter équitable et/ou local... A multiplier ces gestes dans notre vie privée, nos loisirs, au travail…

Est-ce efficace ? Est-ce suffisant ?

Efficace, oui, jusqu’à un certain point. Il suffit de consulter les différentes calculettes carbone pour mettre en évidence des gestes qui permettront de réduire sa facture de gaz à effet de serre. Pour le reste, il faut bien continuer s’informer pour avoir le geste « juste » celui qui non seulement va diminuer la production de CO2, mais aussi de déchets, générer moins de transports, etc. A ce titre, l’équitable n’est pas forcément bon pour le réchauffement climatique et si l’on vous encourage à manger bio - voire végétarien - ce sont des fruits et légumes de saison produits le plus près de chez vous et non pas des jus de fruits pressés industriellement, empaquetés dans des bouteilles en plastique et qui ont quelques milliers de kilomètres dans les pattes en arrivant sur le rayon de votre supermarché.

Un exemple, cité dans le Canard Enchaîné du mercredi 4 juin. Il s’agit d’un monsieur, finlandais, marié, 2 enfants. Là-bas, comme tout un chacun, il produit 13 tonnes de CO2 par an, alors qu’il faudrait ramener ce chiffre à 3,5 tonnes en moyenne par personne dans le monde pour espérer inverser la tendance. Il met en pratique - et sa famille avec - de nouvelles règles de vie: adieu voiture et bonjour les courses en vélo dans la neige - adieu canot à moteur et bonjour les rames pour la sortie du week-end - adieu matières plastiques et bonjour les larmes pour les cadeaux de Noël et d’ailleurs faites l'inventaire autour de vous, enlevez les matières plastiques, que reste-t’il ??? Bref, au final, il économise 3300 kg de CO2 au bout d’un an, mais dans la famille, tout le monde est au bord de la crise de nerfs…

Ce reportage illustre bien un certain scepticisme vis-à-vis de règles trop draconiennes, difficiles à mettre en pratique, faute d’alternative « commode ». Ne pas prendre sa voiture pour aller travailler, oui, à condition d’avoir des pistes cyclables et des transports en commun fiables, ou encore du co-voiturage organisé.

Ne pas utiliser de matières plastiques, oui, mais sans revenir à l’âge de pierre : après tout, je tape cet article sur un ordinateur qui en est bourré - avec beaucoup d’autres composants non recyclables - et pour l’instant, l’informatique verte en est à ses balbutiements.

Quant à l'énergie, on peut diminuer sa consommation, acheter de l'énergie verte (hors de prix pour l'instant) mais pour le reste, si l'on est locataire, eh bien, on ne peut pas faire grand chose de plus. Et notamment pas changer la chaudière de l'immeuble, ni isoler mieux le bâtiment ni installer un panneau solaire sur le balcon...

Si ce n’est pas suffisant, que faire alors ? La suite au prochain article….