Pour une fois que ce blog est en avance sur l’actualité ! En effet, du 3 au 14 décembre prochain, se tiendra à Bali la Conférence des Nations Unies sur le Climat, qui doit ouvrir les négociations sur les suites à donner au protocole de Kyoto pour la période 2013-2017. Pourquoi si tôt ? Et Kyoto, kesaco ?

Comme tout un chacun – par exemple moi avant que je ne planche sur le sujet – vous êtes en droit d’ignorer ce qu’est le protocole de Kyoto. Alors, allons-y, avec doigté et pédagogie… De toute façon, j’aurai bien 10 jours pour en parler.

Postulat un : la Terre se réchauffe. Et ce réchauffement a des conséquences graves pour notre avenir.

Postulat 2 : ce réchauffement est dû à l’émission de GES ou Gaz à Effet de Serre. Ce sont principalement le gaz carbonique - CO2 - et le méthane - CH4.

Postulat 3 : l’émission de ces GES – et donc le réchauffement climatique – est provoqué par l’activité actuelle de la population terrestre.

Un groupe d’experts est mandaté pour en faire l’étude depuis 1998. C’est le GIEC ou IPCC en anglais dont on a déjà parlé dans ce blog. Il a rendu récemment son Bilan 2007 des changements climatiques. Pour participer pleinement aux négociations de Bali, je vous invite à lire attentivement chacun de ces rapports, plus précisément les résumés destinés aux décideurs, publiés en 5 langues, j’ai choisi arbitrairement le français :

Les éléments scientifiques.

Conséquences, adaptations et vulnérabilités.

L’atténuation des changements climatiques.

Retour à Kyoto. En 1997, un certain nombre d’états y ont signé ce qu’on appelle communément le protocole de Kyoto. A savoir, un engagement de diminution ou de stabilisation d’émission de GES pour certains pays, la mise en place d’un marché de quotas d’émissions, et enfin un transfert de technologies Nord-Sud pour encourager des mécanismes de développement propre.

De nombreux pays sont exemptés d’objectifs, compte-tenu de leur niveau de développement : tout le continent africain, l’Amérique latine et centrale, le Mexique, le Moyen-Orient, toute l’Asie sauf le Japon.

Certains pays développés n’en sont pas signataires, comme les États-Unis d’Amérique, au motif que cela pénaliserait leur économie. La Chine, qui est fortement pressée d’y entrer aujourd’hui dit qu’elle ne signera pas le prochain si les USA ne le font pas. Le Japon, lui, achète un max de permis d’émettre à la Hongrie, etc.

Les scénarios, qui sont aujourd’hui concoctés par les experts du GIEC, mais aussi des économistes renommés, montrent qu’une intervention est absolument nécessaire.

Quelles sont les étapes ?

Les objectifs – et donc les engagements qui vont avec - du protocole de Kyoto (dit Kyoto I) sont fixés pour l’horizon 2012. Les nouvelles négociations qui s’ouvrent aujourd’hui (avec de nombreuses réunions préliminaires depuis 6 mois au moins) devront aboutir dans les grandes lignes en 2009. Les détails des mises en œuvre seront fixés en 2010, et il faudra ensuite 2 ans pour la ratification par les quelques 200 parlements nationaux, et envisager un début d'application en 2013.

C’est comme cela qu’on glisse, sur Terre, doucement de fin 2007 à 2013, pour se mettre d’accord sur un protocole dont le nouveau cap sera 2017 ou 2020…