On ne va tarder à entendre de nouveau parler des changements climatiques…
Par Françoise Curtet le jeudi 29 novembre 2007, 18:58 - Infos - Lien permanent
Pour une fois que ce blog est en avance sur l’actualité ! En effet, du 3
au 14 décembre prochain, se tiendra à Bali la Conférence des Nations Unies
sur le Climat, qui doit ouvrir les négociations sur les suites à donner au
protocole de Kyoto pour la période 2013-2017. Pourquoi si tôt ? Et Kyoto,
kesaco ?
Comme tout un chacun – par exemple moi avant que je ne planche sur le sujet
– vous êtes en droit d’ignorer ce qu’est le protocole de Kyoto. Alors,
allons-y, avec doigté et pédagogie… De toute façon, j’aurai bien 10 jours pour
en parler.
Postulat un : la Terre se réchauffe. Et ce réchauffement a des
conséquences graves pour notre avenir.
Postulat 2 : ce réchauffement est dû à l’émission de GES ou Gaz à Effet
de Serre. Ce sont principalement le gaz carbonique - CO2 - et le méthane -
CH4.
Postulat 3 : l’émission de ces GES – et donc le réchauffement
climatique – est provoqué par l’activité actuelle de la population
terrestre.
Un groupe d’experts est mandaté pour en faire l’étude depuis 1998. C’est le
GIEC ou IPCC en anglais dont on a déjà parlé
dans ce blog. Il a rendu récemment son Bilan 2007 des changements
climatiques. Pour participer pleinement aux négociations de Bali, je vous
invite à lire attentivement chacun de ces rapports, plus précisément les
résumés destinés aux décideurs, publiés en 5 langues, j’ai choisi
arbitrairement le français :
Conséquences,
adaptations et vulnérabilités.
L’atténuation
des changements climatiques.
Retour à Kyoto. En 1997, un certain nombre d’états y ont signé ce qu’on
appelle communément le protocole de Kyoto. A savoir, un engagement de
diminution ou de stabilisation d’émission de GES pour certains pays, la mise en
place d’un marché de quotas d’émissions, et enfin un transfert de technologies
Nord-Sud pour encourager des mécanismes de développement propre.
De nombreux pays sont exemptés d’objectifs, compte-tenu de leur niveau de développement : tout le continent africain, l’Amérique latine et centrale, le Mexique, le Moyen-Orient, toute l’Asie sauf le Japon.
Certains pays développés n’en sont pas signataires, comme les États-Unis
d’Amérique, au motif que cela pénaliserait leur économie. La Chine, qui est
fortement pressée d’y entrer aujourd’hui dit qu’elle ne signera pas le prochain
si les USA ne le font pas. Le Japon, lui, achète un max de permis d’émettre à
la Hongrie, etc.
Les scénarios, qui sont aujourd’hui concoctés par les experts du GIEC, mais
aussi des économistes renommés, montrent qu’une intervention est absolument
nécessaire.
Quelles sont les étapes ?
Les objectifs – et donc les engagements qui vont avec - du protocole de
Kyoto (dit Kyoto I) sont fixés pour l’horizon 2012. Les nouvelles négociations
qui s’ouvrent aujourd’hui (avec de nombreuses réunions préliminaires depuis 6
mois au moins) devront aboutir dans les grandes lignes en 2009. Les détails des
mises en œuvre seront fixés en 2010, et il faudra ensuite 2 ans pour la
ratification par les quelques 200 parlements nationaux, et envisager un début
d'application en 2013.
C’est comme cela qu’on glisse, sur Terre, doucement de fin 2007 à 2013, pour se mettre d’accord sur un protocole dont le nouveau cap sera 2017 ou 2020…