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jeudi 12 juin 2008

Plus très migonne, la rose...

Autrefois on offrait un « bouquet de fleurs » aujourd’hui, on achète des « fleurs coupées » « à la pièce » ou en « bottes préparées »… L’on devient un peu moins poète, un peu plus consommateur, et puis finalement peut-être que l'on décidera de ne pas faire cet achat tout-à-fait irresponsable d’un point de vue éthique et environnemental.

Car l’on remarquera sur l’étiquette de roses parfaitement inconnues - non, pas la jolie Pierre de Ronsard ni la Souvenir de Marcel Proust au parfum captivant - mais sur des « tiges portant des boutons fermés » formatées pour le goût d’ici et d’aujourd’hui - bref on remarquera des mentions « produced in Ecuador » ou « commerce équitable » ou encore certifiées par le « flower label program» avec une adresse internet en .nl.

En effet, la majorité des fleurs coupées vendues en France provient de Hollande, plaque tournante du commerce des végétaux. Un très bon article de Libération - du 31 décembre 2007 - présente le nouveau et gargantuesque marché aux fleurs situé près de l’aéroport international de Schiphol, 80 % des exportations mondiales, plus de 4 milliards d’euros de chiffres d’affaires.

En achetant une botte de roses, vous ne vous contentez pas de creuser un peu plus le déficit du commerce extérieur français, vous participez aussi largement au réchauffement climatique et à une mondialisation pas toujours très éthique.

Car l’immense majorité des roses provient aujourd’hui d’Équateur, du Kenya, du Zimbabwe. Certains sites web comme celui d’un importateur français, Ethiflora, ou encore celui de Max Havelaar Suisse ont beau défendre le principe du commerce équitable des fleurs, cela reste un peu dur à avaler en terme de contribution au réchauffement climatique. Un petit tour chez ClimatMundi - une agence spécialisé dans la « compensation carbone » - nous donne les chiffres suivants :

  • 1 aller simple Paris-Quito : plus de 9000km, soit 2,06 tonnes de CO2 et 39 euros de compensation,
  • 1 aller simple Paris-Nairobi : près de 6500 km, soit 1,75 tonnes de CO2 et 27 euros à payer pour compenser,
  • enfin, un Harare-Paris fait près de 8000 km, ce qui donne une émission 1,75 t et une compensation de 33 euros.

Cela fait cher le bouquet pour redevenir neutre en CO2 - même si le calcul est donné pour un passager en chair et en os et non pour un bouquet de fleurs.

Ajoutons à cela le coût de l’énergie pour le chauffage des serres là-bas, des chambres froides ici, l’irrigation, les traitements phytosanitaires, l’épuisement des sols, les emballages - papiers, cartons et caisses, les transports en camion sur place et de l’aéroport jusqu’au fleuriste en bas de chez vous… Sans compter que beaucoup de ces fleurs n’ont aucun label, ni équitable ni environnemental, ni éthique. Les conditions de travail sont alors épouvantables - salaires de misère, exposition des travailleurs aux pesticides, travail des enfants (48 000 recensés dans les serres en Équateur), non respect des droits fondamentaux, harcèlement sexuels et viols (90% des femmes au Kenya), etc…

Tout cela a beau être limité et contrôlé lorsque les fleurs sont labellisées, on ne peut s’empêcher de penser qu’au moment où survient une crise alimentaire mondiale, on ferait mieux de mettre tout cet argent dans un bouquet de légumes biologiques - oui, oui, cela peut être très joli, voir les portraits d’Arcimboldo, et en plus ça se mange !

Compléments d'informations - articles et dossiers :

jeudi 1 mai 2008

Quel rapport entre votre marque de shampoing et les orangs-outangs d'Indonésie ?

orangoutanggreenpeace

Greenpeace lance une campagne de pétitions à adresser à Dove - fabriquant de shampoings - du groupe Unilever. Dove - parmi beaucoup d’autres - utilise en effet de l’huile de palme comme produit de base pour fabriquer ses shampooings, et ses principaux fournisseurs sont situés en Indonésie, champion de la déforestation et de l’émission de CO2.

Le savon est le produit de la réaction d'une solution concentrée de base (hydroxyde de sodium ou de potassium) sur un corps gras. L’huile de palme est largement utilisée depuis le XIXème siècle comme matière première pour fabriquer des savons et bases lavantes liquides, car c’est un produit bon marché. De plus, la vogue des produits détergents et cosmétiques étiquetés « verts » ou encore « bio » ou « naturels » en a accru l’emploi comme ingrédient « écologique ». Il faut savoir que l'huile de palme entre aussi dans la composition de denrées alimentaires industrielles (biscuits, viennoiseries, plats préparés) alors que c’est un produit de première nécessité pour de nombreuses populations dans le monde.

La pétition lancée par Greenpeace s’inscrit dans l’une de ses grandes campagnes mondiales, celle de la sauvegarde des forêts, et notamment des forêts primaires. En Indonésie, la culture de l’huile de palme est responsable d’une déforestation importante, entre autres dans une région qui abrite des orangs-outangs, espèce actuellement très menacée. Outre la perte de biodiversité, la déforestation est impliquée dans le réchauffement climatique.

[|http://www.greenpeace.org/raw/content/france/press/reports/cooking-the-climate.pdf|fr]
Dove et la déforestation

Que pouvez-vous faire ? D’une part signer la pétition en ligne de Greenpeace, d’autre part consulter attentivement les étiquettes des produits que vous achetez et bannir ceux qui contiennent de l’huile de palme. Suivant les cas, elle apparaitra en français, soit Huile de palme ou Huile de palmiste, en latin Elaeis guineensis ou encore sous le nom de la molécule soit Sodium Palmate ou Sodium Palm Kernelate. Y compris dans les produits « verts » qui sont encore nombreux à en contenir, comme la « base moussante neutre » de Melvita ou le « savon liquide neutre » de Florame, deux marques vendues en magasins bio. Quant aux produits de lavage et d’entretien, le flou reste entier : la marque Monoprix Vert, par exemple, se contente des mentions ingrédients / agents de surface d’origine végétale pour toute info.

Par quoi les remplacer ? Par du savon de Marseille ou du savon noir - vérifier la composition : ils doivent être à base d’huile d’olive et sans additifs - ou du savon d’Alep - à base d’huile d’olive et d’huile de baies de laurier. Des produits que l’on trouve actuellement sous forme solide et liquide.

Pour en savoir plus, on peut consulter :

Et sur les détergents « écologiques », la discussion continue dans l’article suivant « Nous avons testé pour vous… les noix de lavage de l’Himalaya ».

vendredi 28 mars 2008

Une semaine sans pesticides ???



C’est la fin de la semaine sans pesticide… ça vous avait échappé ! Vite, courez voir les dernières initiatives qui ont lieu ce week-end, sur le site de cette manifestation franco-québécoise, par exemple une conférence sur «Les polluants chimiques, pesticides et OGM : les effets sur la santé» au magasin Botanic de Suresnes, samedi 29 mars à 11h.

Il faut saluer l’initiative de cette chaîne de jardineries qui œuvre vraiment pour le développement durable, par exemple en ne vendant plus d’engrais et de pesticides chimiques de synthèse. Plus d’infos le site de Botanic.

En attendant, soyez rassurés, tout va mal sur le front en question… Dans Libération d’hier, pas moins de 2 articles sur le sujet : la mozzarella di bufflonne , produite dans la région de Naples, contaminée à la dioxine, et le vin, oui, notre vin quotidien, qui s’avère contenir de 4 à 10 pesticides différents. C’est le résultat d’une étude menée sur 34 échantillons de vins "conventionnels" (non bio) en provenance de plusieurs pays d’Europe, réalisée par l’association Pan Europe - Pesticides Action Network Europe.

Faisons un détour par l’interminable et silencieuse pollution du Rhône au pyralène, un polluant organique persistant, telle qu’une interdiction totale de la pêche a dû être déclarée en août dernier, ou vers la Loire, où plusieurs centaines de tonnes de fuel ont été déversées grâce à Total, encore et toujours.

Et aussi, quelques sympathiques études sur l’état des rivière en France, comme celle de l’IFEN, intitulée sobrement Les pesticides dans les eaux - Données 2005, dont voici un extrait du résumé : La présence de pesticides dans les eaux superficielles et souterraines est généralisée sur l’ensemble du territoire – métropole et départements d’outre-mer (DOM). Ainsi, en France métropolitaine, des pesticides ont été détectés dans 91 % des points de mesure des cours d’eau et dans 55 % des points de mesure des eaux souterraines. Les niveaux de contamination sont significatifs : 36 % des points de mesure en eaux de surface ont une qualité moyenne à mauvaise et 25 % des points de mesure en eaux souterraines ont une qualité médiocre à mauvaise.

Le WWF lance une campagne sur le sujet : stop aux PCB...

A la vôtre !

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