Officiellement déclaré "espèce éteinte" par le NOAA - National Oceanic and Atmospheric Administration (USA) - le phoque moine des Caraïbes ou Monachus tropicalis n'avait pas été vu depuis une cinquantaine d'années. On doit constater que cette information déclenche moins d'intérêt que la "spectaculaire" extinction du dauphin du Yangzé il y a un an.
Pourquoi le phoque moine des caraïbes a-t-il fini par disparaitre ? Les causes sont simples et connues, c'est une longue litanie de nuisances causées par l'homme :
- chasse massive aux 18ème et 19ème siècles pour la graisse et la peau
- urbanisation des côtes
- développement du tourisme
- pollutions des eaux de mer
- raréfaction des poissons qui constituent leur alimentation
Les deux seules images trouvées sur Wikipedia commons ne sont pas très
glamour. Et aucun article de Wikipedia n'est consacré à Monachus
tropicalis.
Celle-ci a été prise en 1910 au zoo de New-York :
Et celle-ci provient d'un livre américain de la fin du 19ème siècle, sur l'industrie de la pêche (fonds de la bibliothèque du NOOA).
Les deux autres espèces de phoques moines sont elles aussi en danger :
il s'agit de Monachus monachus, qui vit en Méditerrannée (plus que 500
individus environ) et de Monachus schauinslandi, qui est
hawaien.
Pour terminer sur une note optimiste, citons le sauvetage réussi des "phoques veaux marins" en Baie de Somme : quasi disparus dans les années 70, ils forment maintenant une colonie d'une centaine d'individus environ. Les mesures sont simples, il suffit de prendre la liste des nuisances - notamment les deux premières - et de faire l'inverse :
- interdiction de la chasse en 1972
- mise en réserve d'une grande partie de la Baie de Somme
- surveillance durant l'été et information du public pour limiter les dérangements.
Si vos chemins de vacances vous amènent du côté de Saint-Valéry sur Somme, vous aurez de bonnes chances de les observer à partir de la pointe du Hourdel, au bout de la baie. Vous pouvez aussi participer à une balade guidée proposée par la Maison de l'oiseau. Enfin, n'oubliez pas le Parc ornithologique du Marquenterre, un haut lieu d'accueil et d'observation de la biodiversité.