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mercredi 18 juin 2008

Les changements de comportement peuvent beaucoup mais pas tout…

On nous incite tous les jours à réduire nos déchets - ou au moins à mieux les trier… A moins consommer d’eau, d’électricité, d’essence, de papier… A moins produire de CO2… A acheter équitable et/ou local... A multiplier ces gestes dans notre vie privée, nos loisirs, au travail…

Est-ce efficace ? Est-ce suffisant ?

Efficace, oui, jusqu’à un certain point. Il suffit de consulter les différentes calculettes carbone pour mettre en évidence des gestes qui permettront de réduire sa facture de gaz à effet de serre. Pour le reste, il faut bien continuer s’informer pour avoir le geste « juste » celui qui non seulement va diminuer la production de CO2, mais aussi de déchets, générer moins de transports, etc. A ce titre, l’équitable n’est pas forcément bon pour le réchauffement climatique et si l’on vous encourage à manger bio - voire végétarien - ce sont des fruits et légumes de saison produits le plus près de chez vous et non pas des jus de fruits pressés industriellement, empaquetés dans des bouteilles en plastique et qui ont quelques milliers de kilomètres dans les pattes en arrivant sur le rayon de votre supermarché.

Un exemple, cité dans le Canard Enchaîné du mercredi 4 juin. Il s’agit d’un monsieur, finlandais, marié, 2 enfants. Là-bas, comme tout un chacun, il produit 13 tonnes de CO2 par an, alors qu’il faudrait ramener ce chiffre à 3,5 tonnes en moyenne par personne dans le monde pour espérer inverser la tendance. Il met en pratique - et sa famille avec - de nouvelles règles de vie: adieu voiture et bonjour les courses en vélo dans la neige - adieu canot à moteur et bonjour les rames pour la sortie du week-end - adieu matières plastiques et bonjour les larmes pour les cadeaux de Noël et d’ailleurs faites l'inventaire autour de vous, enlevez les matières plastiques, que reste-t’il ??? Bref, au final, il économise 3300 kg de CO2 au bout d’un an, mais dans la famille, tout le monde est au bord de la crise de nerfs…

Ce reportage illustre bien un certain scepticisme vis-à-vis de règles trop draconiennes, difficiles à mettre en pratique, faute d’alternative « commode ». Ne pas prendre sa voiture pour aller travailler, oui, à condition d’avoir des pistes cyclables et des transports en commun fiables, ou encore du co-voiturage organisé.

Ne pas utiliser de matières plastiques, oui, mais sans revenir à l’âge de pierre : après tout, je tape cet article sur un ordinateur qui en est bourré - avec beaucoup d’autres composants non recyclables - et pour l’instant, l’informatique verte en est à ses balbutiements.

Quant à l'énergie, on peut diminuer sa consommation, acheter de l'énergie verte (hors de prix pour l'instant) mais pour le reste, si l'on est locataire, eh bien, on ne peut pas faire grand chose de plus. Et notamment pas changer la chaudière de l'immeuble, ni isoler mieux le bâtiment ni installer un panneau solaire sur le balcon...

Si ce n’est pas suffisant, que faire alors ? La suite au prochain article….

mercredi 31 octobre 2007

Marre des donneurs de leçons

Le Monde (le journal) est plein de donneurs de leçon… Surtout sur l’écologie, la biodiversité, le réchauffement climatique… tout le monde donne son avis, c’est sans doute le Grenelle qui réveille les passions. Ces dernier temps, la question de la croissance revient sur le tapis, merci Attali. Il faudra bien s’y attaquer.

En voici quelques exemples :

Lu dans un numéro ancien, que je n’ai pas conservé : « La décroissance, c’est triste ». En effet, très triste de rouler à vélo dans une ville calme et dépolluée plutôt qu’en voiture dans un embouteillage plein de CO2 et de particules diverses… Très triste de manger des fruits et légumes bio cultivés de manière à respecter la terre plutôt qu’ingurgiter des dizaines de pesticides dans des aliments produits in vitro, hors sol et sans lumière du jour. Pas étonnant qu’une majorité de Français déclarent « se forcer » pour manger des fruits et légumes qu’ils ne trouvent guère appétissants…

D’un professeur d’économie, Rémy Prud’homme, dans la rubrique « débats » du mardi 30 octobre dernier : « Mettre en œuvre les décisions pour lutter contre l’effet de serre, c’est prendre un risque économique » et sa conclusion : « Durant les dix dernières années, les rues de Shanghai se sont vidées de vélos et remplies de voitures, pendant que celles de Paris se vidaient de voitures et s’emplissaient de vélos. Dans le même temps, la production de Shanghai a été multipliée par 2,5 et celle de Paris a stagné ou diminué ». En réalité, en Chine, la pollution est telle que l’organisation des prochains JO y est source d’inquiétude... Pékin a investi 8,4 milliards d’euros pour respecter son engagement de jeux « verts », entre autres en déplaçant les industries polluantes hors de la ville ! (source Libération, vendredi 26 octobre 2007). Et à Hong-Kong, on estime que la pollution atmosphérique provoque 800 à 2000 morts par ans, 36 000 journées d’hospitalisation et un coût indirect de 1,9 milliards d’euros (Le Monde, mercredi 24 octobre).

M. Fotis Kafatos, délégué à l’Académie des Sciences (Le Monde, mercredi 24 octobre) attaque les positions anti-OGM comme des « objections métaphysiques » et assène dans la foulée comme une vérité scientifique «qu’il est hors de question que la science (…) puisse renoncer à une méthodologie riche en potentiels pour augmenter à la fois les rendements et la qualité de la nourriture, dans un monde qui va manquer de plus en plus de ressources ». Ce type d’assertion ne relève pas de la métaphysique, peut-être ?

Eric Le Boucher, chroniqueur économique au Monde (dimanche 28 – lundi 29 octobre) : « En règle générale, l’écologie est antisociale. Un pauvre avec une vieille 205 pollue plus qu’un riche au volant d’une Mercédès dernier modèle, une décharge brésilienne qu’une usine de retraitement en France… ». Mais comme la consommation augmente et les déchets avec, cela fait plusieurs « usines de retraitement » et comme les riches ont en général « plusieurs véhicules » et qu'en plus ils prennent l’avion plus souvent…. Cela donne une augmentation globale de la consommation d’énergie, des rejets de CO2 et de déchets à traiter…

Dans le monde, le vrai, il existe heureusement d’autres personnes, qui réfléchissent autrement, plus finement, qui essaient de revoir les notions de croissance, de PIB, d’intégrer les effets économiques du changement climatique. Ce blog devrait commencer à y prendre part.

PS : pour être juste, Le Monde, le journal, leur donne aussi la parole de temps en temps, comme l’analyse d’Hervé Kempf parue mercredi 24 : Croissance : Attali contre Attali ou encore Qui est le type à côté d’Al Gore ? - M. Pachauri, Président du GIEC - dans Lettre d’Asie, de Sylvie Kauffmann (en page 2, mardi 23 octobre 2007). Comme on le sait tous, M. Al Gore et le GIEC (Groupe intergouvenemental d'experts sur l'évolution du climat) se sont vu décerner le prix Nobel de la paix cette année.