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mercredi 30 juillet 2008

La graine après les fruits ?

Entendu lors de la visite guidée d’un jardin naturel et pédagogique à Paris : les graines, c’est toujours après la fleur ?

Ben oui… Allez, un site (Web) et un site (Vrai) pour s’améliorer en botanique :

  • Le jardin qui suscite de si bonnes questions : Les Jardins Passagers, dans le parc de la Villette à Paris, prendre un sentier en face de la librairie Acte Sud, côté Grande Halle (Porte de Pantin). On vous mâche le travail : voici ici le plan et la plaquette.

Jardins ouverts au public de mai à septembre, le samedi et dimanche, de 13h à 19h. Visite guidée gratuite à 15h.

Ateliers pour enfants et adultes, dans les Jardins Passagers et dans le reste du Parc de La Villette, programme La Villette en famille. Infos et réservation : 01 40 03 75 75

Ateliers pour groupes - scolaires, centres de loisirs, adultes. Renseignements au 01 40 03 74 82.

A noter : en ce moment un évènement intitulé Les lunes de miel vous offre la possibilité de dormir dans un « luneur » je cite « chambre de cohabitation pour 2 terriens et 100 000 abeilles ». Jusqu’au 28 septembre. Renseignement et réservation : 01 40 03 75 75.

PS : les abeilles transportent le pollen sur leur dos, leurs pattes etc. Mais c’est le nectar qu’elles consomment pour fabriquer le miel. Bon, allez, prochain cours dans quelques mois…

abeillepollen

PPS : la photographie est de Nicolas Guérin, publiée sur Wikimedia Commons

mercredi 9 juillet 2008

Le phoque-moine des Caraïbes

Officiellement déclaré "espèce éteinte" par le NOAA - National Oceanic and Atmospheric Administration (USA) - le phoque moine des Caraïbes ou Monachus tropicalis n'avait pas été vu depuis une cinquantaine d'années. On doit constater que cette information déclenche moins d'intérêt que la "spectaculaire" extinction du dauphin du Yangzé il y a un an.

Pourquoi le phoque moine des caraïbes a-t-il fini par disparaitre ? Les causes sont simples et connues, c'est une longue litanie de nuisances causées par l'homme :

  • chasse massive aux 18ème et 19ème siècles pour la graisse et la peau
  • urbanisation des côtes
  • développement du tourisme
  • pollutions des eaux de mer
  • raréfaction des poissons qui constituent leur alimentation

Les deux seules images trouvées sur Wikipedia commons ne sont pas très glamour. Et aucun article de Wikipedia n'est consacré à Monachus tropicalis.
Celle-ci a été prise en 1910 au zoo de New-York :

phoquemoine2

Et celle-ci provient d'un livre américain de la fin du 19ème siècle, sur l'industrie de la pêche (fonds de la bibliothèque du NOOA).


phoquemoine1

Les deux autres espèces de phoques moines sont elles aussi en danger : il s'agit de Monachus monachus, qui vit en Méditerrannée (plus que 500 individus environ) et de Monachus schauinslandi, qui est hawaien.

Pour terminer sur une note optimiste, citons le sauvetage réussi des "phoques veaux marins" en Baie de Somme : quasi disparus dans les années 70, ils forment maintenant une colonie d'une centaine d'individus environ. Les mesures sont simples, il suffit de prendre la liste des nuisances - notamment les deux premières - et de faire l'inverse :

  • interdiction de la chasse en 1972
  • mise en réserve d'une grande partie de la Baie de Somme
  • surveillance durant l'été et information du public pour limiter les dérangements.

Si vos chemins de vacances vous amènent du côté de Saint-Valéry sur Somme, vous aurez de bonnes chances de les observer à partir de la pointe du Hourdel, au bout de la baie. Vous pouvez aussi participer à une balade guidée proposée par la Maison de l'oiseau. Enfin, n'oubliez pas le Parc ornithologique du Marquenterre, un haut lieu d'accueil et d'observation de la biodiversité.

L’étendue des dégâts

Cela fait presqu’un an que ce blog est ouvert. Quel bilan en tirer ? La satisfaction d’avoir grappillé un peu d’infos sur certains sujets, sans pour autant arriver toujours à retranscrire le tout dans un article cohérent. Trop d’infos ou pas assez, l’impression d’arriver face un mur infranchissable parce que les infos ne sont pas disponibles pour les particuliers, trop de recherches à faire, pas de temps pour enquêter, aller aux sources. En quelque sorte les limites d’un travail d’amateur…

Voilà donc une partie des sources, ces articles découpés et ensuite classés dans des chemises colorées. En rouge les « gros dossiers » : réchauffement, déforestation, OGM, agrocarburants ; en bleu tout ce qui concerne l’eau et les mers, la pêche ; en orange l’énergie et les transports ; en jaune les politiques ; en gris, les pollutions ; en marron la vie quotidienne ; en vert les bonnes nouvelles, les actions « qui marchent », l’agriculture biologique, la reforestation, le commerce équitable, les énergies renouvelables…

dossier

Autant le dire tout de suite, les dossiers verts sont restés bien maigres… De même que ceux consacrés aux politiques notamment des villes et des régions : j’en attendais plus.

L’épaisseur des dossiers révèle les déplacements des lignes de force ou des préoccupations du moment. Le « réchauffement climatique » a bien grossi « grâce » au sommet de Tokyo, mais aussi celui de l’énergie, « grâce » au prix du pétrole, les débats sur la croissance et les modèles de développement ont fait rage, enfin le dossier « agriculture » grossit, grossit, grossit, à la mesure de la « flambée » des prix agricoles.

Un dossier, dont je ne voyais pas trop l’intérêt, est devenu énorme : celui des publicité d’entreprises sur l’environnement… Du « grennwashing » pour beaucoup, et vraiment, il y en a de pleines pages et des campagnes entières - EDF, Total, Carrefour, Suez, les constructeurs automobiles, les compagnie de taxi, etc. Il n'a pas fini d'être alimenté, celui-là.

Il y a des thèmes, aux enjeux aussi vitaux, dont on s’occupe beaucoup moins : l’augmentation de la pollution, la pression humaine sur l’environnement, la diminution de la ressource en eau, la perte de la biodiversité, les effets sur la santé humaine. Des articles distillent des informations au jour le jour, négatives, alarmistes, catastrophistes mais on a un peu l’impression que cela ne mobilise pas beaucoup.

Conclusion (provisoire). Au bout d’un an, et quelle que soit l’épaisseur des dossiers, c’est vraiment un panorama de l’étendue des dégâts qui se mesure là, sur tous les plans : nature, environnement, ressources, partage, équité, santé, mode de vie….Dans le même temps on nous a proposé de nouveaux gadgets, de consommer « durablement » mais surtout de continuer à consommer, de faire du vélo, de manger local, de changer de lave-vaisselle, d’éteindre ses veilleuses, etc. Mais quel effet ? Pas grand chose sur les résultats : on a plus l’impression d’un grand brassage d’infos, qui tourne à toute allure, et qui nous balance du bilan carbone et des sacs recyclés parce que c’est la mode.

Pas très gai ? Non. Pas très optimiste ? Non plus.

Note : pour célébrer cet anniversaire, voici donc la création d’une nouvelle rubrique, « le carnet des extinctions ». Oui, une rubrique où l’on fera la "nécro" de chacune des espèces disparue, au fur et à mesure des annonces. La première, c’est le phoque moine des Caraïbes - paix à son âme. Et très bientôt un autre anniversaire, celui de la disparition il y a un an - enfin de l’annonce officielle de l’extinction définitive - c’est horrible, non ? - de Baiji, le dauphin-déesse du Yangzi.

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